Mimosa Laveaux (NPA): « L’égalité des chances entre les candidats à l’élection présidentielle n’est pas respectée »

Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) souhaite, comme en 2012, être candidat à l’élection présidentielle. Mais, comme nous l’explique sa collaboratrice Mimosa Laveaux, son parti rencontre de grosses difficultés pour obtenir les précieux 500 parrainages.

L’échéance approche. Les aspirants à l’élection présidentielle ne disposent plus que de quelques jours pour obtenir les 500 parrainages indispensables. Les petits partis peinent à se procurer ces fameux sésames...

Au coeur de leur mécontentement : les nouvelles règles de parrainages. « La loi précédente était anti-démocratique. Avec la réforme des parrainages de 2016, c’est encore pire », se désole Mimosa Laveaux. Le texte prévoit en effet la publication des parrainages.

« Les candidats ayant beaucoup de signatures vont attirer d’autres parrainages »

La mesure porterait donc atteinte aux petits partis. Alors que les candidats des partis les plus populaires possèdent déjà les parrainages nécessaires pour prétendre à l’élection présidentielle, la militante du NPA déplore qu' »à trois semaines de la date butoir pour valider les candidatures » son parti n’ait que 300 parrainages ». D’autres formations politiques craignent elles un pression exercé par les grands élus sur les maires susceptibles d’accorder leur parrainage à un petit parti. Les élus locaux dépendraient des subventions versés par les géants de la politique.

Le petits partis, dont le NPA de Philippe Poutou, lancent un SOS pour obtenir des parrainages / Crédit photo : UGO AMEZ/SIPA
Le petits partis, dont le NPA de Philippe Poutou, lancent un SOS pour obtenir des parrainages / Crédit photo : UGO AMEZ/SIPA

Pour y remédier Mimosa estime qu’un « parrainage citoyen serait plus légitime parce qu’en France le peuple ne peut pas s’exprimer autant qu’il le devrait ». Un mode de sélection des candidats en vigueur dans tous les autres pays d’Europe. Mais certains maires français tentent de faire entrer ce mode de parrainages dans les moeurs. Les citoyens de leurs communes choisissent le candidat qu’ils veulent voir concourir à l’élection présidentielle.

Nous faisons peur

Mimosa Laveaux pointe également du doigt les médias. « On voit bien aujourd’hui que les médias mettent sur le devant de la scène les candidats les plus populaires ». Un reproche récurrent des petits candidats. Elle estime que les journalistes « ne donnent pas aux citoyens l’occasion de découvrir d’autres personnes qui pourraient changer l’avenir du pays ». La collaboratrice de Philippe Poutou pense avoir des clés de réponses à cette défiance des médias par rapport au Nouveau Parti Anticapitaliste qu’elle défend :

« Je pense que nous faisons peur, car on est à contrecourant avec la société et anticapitalistes »

Elle explique qu’ « il est plus facile d’avoir un homme politique sur un plateau télé qui a tous les codes, grâce aux études qu’il a pu faire, plutôt qu’un ouvrier comme Philippe Poutou par exemple ». Mimosa Laveaux conclu avec amertume : « L’égalité des chances n’est pas respectée ».

Héloïse Cerutti

Crédit photo image à la UNE : @ MYCHELE DANIAU / AFP

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