La banlieue investit les podiums

On ne sait pas si la banlieue approuve mais la mode l’élève au niveau de la haute couture. « Appropriation culturelle » est l’expression du moment. Les banlieusards en seraient victimes.
                                                                                                                                          Avoc

Selon wikipedia: l’appropriation culturelle est un concept universitaire originaire des États-Unis selon lequel l’adoption ou l’utilisation d’éléments d’une culture par les membres d’une culture « dominante » serait irrespectueuse et constituerait une forme d’oppression et de spoliation. La culture « minoritaire » se trouverait ainsi dépouillée de son identité, ou réduite à une simple caricature stigmatisant.

De Vetements à Givengy en passant par Balmain tout le monde se met au street wear. Le dealer et sa fausse sacoche Gucci est la nouvelle icône mode, même si il n’a rien demandé.
Le terme appropriation culturelle anime les médias depuis un petit moment déjà. Il suffit de se faire des tresses africaines pour que tout le monde crie à l’appropriation de sa culture. Le magazine Antidode avait même organisé un débat le 26 janvier au European Lab Winter Forum. Le but était tenter de répondre à toutes ces interrogations. Les invités étaient entre autres Thomas Carrié l’un des fondateurs du Magazine Cry mais aussi Laura Do et Bastien Laurent de la marque AVOC.
Selon les créateurs, la rue est une inspiration primordiale dans la mode, et c’est normal qu’elle se retrouve sur les podiums. Trouver l’inspiration partout où elle se trouve c’est ça la mode pour eux. Ayant été adolescent dans les années 90, le style urbain ils l’ont connu à ses balbutiements. Pour eux, le chemin est le street wear. A cela on peux opposer une objection: à partir de quel moment l’appropriation culturel devient néfaste?
                                                                                  Crédit photo : Avoc

 

On aurait pu imaginer que les mannequins utilisés pour les défilés viennent des banlieues, comme le signe d’un renouveau. Mais non, on a juste repris les codes des rues et simplement ajouté quelques zéros aux étiquettes. Lors de la conférence, le problème n’était pas de définir ou non si l’appropriation culturelle est une mauvaise chose. Mais dans quelle mesure elle peut-être favorable. La mode comme le monde est à un tournant. Il lui faut un second souffle et tant mieux si les rues en sont le théâtre et l’inspiration. Un concept à l’image des créations de l’américain Dapper Dan. Entre 1982 et 1992, le créateur à détourné les logos des grandes marques pour faire ses propres vêtements plus abordables. Tout Harlem s’habillait chez lui. Des légendes du rap comme LL Cool J ou encore Nas ont porté du Dapper Dan. Les ados voulaient porter des grands noms de la mode et Dapper Dan leur en à donner l’opportunité. Le magasin a fini par être fermé pour contrefaçon. Paradoxalement, on retrouve aujourd’hui le concept qu’il a inventéchez les plus grands. Un visionnaire de la mode sommes toutes, il l’a vu arrivé avant tous . Le respect est toujours posthume comme le dis l’adage.
                                                                                             DR

 

Le prix est la principale raison pour laquelle on peux dire que la banlieue est victime d’appropriation culturelle. On reproduit le schémas habituelle de la mode. C’est à dire la réserver à une élite. Comme à Barbès l’un des quartier les plus populaire de Paris où l’on voit fleurir un peu partout des brasseries chic. Encore une fois, aucun brassement des cultures ne s’y oppère. D’un côté la population de Barbès qui ne peux consommer dans ces brasseries. Et de l’autre des bobos parisien qui ne sont certainement pas là pour se mélanger. Si la mode se réclame d’une nouvelle aire, que cela soit acté entièrement. Les prix des vêtement devrait être le premier pas.

 

Mais alors qu’en pense les créateurs de demain? Nous avons demandé à 3 étudiantes en premire années leur avis. Violette et Isée sont toutes les deux en première année à la St Martin School, l’école la mieux côté en mode. Située à Londres elle accueille les aspirants créateurs du monde entier. Les deux élèves sont françaises et sont expatriés à Londres pour leurs études. Lorsque l’on leur demande ce qu’elle pense de la dernière collection Vetement Automne-Hiver 2016/2017. Leur inspiration est clairement street wear. Surtout sur cette dernière collection. Pour Violette Vetement est  » l’une des plus grosse imposture de l’industrie ». Isée pense qu’une marque qui se veux si subversive ne peux pas être aussi chère. La mode doit-elle être aussi chère pour être respectée? La culture pop et streat a été, est encore et sera toujours une inspiration pour la mode. Le mauvais goût fascine. Pour Violette c’est pour cela que des maisons comme Philippe Plein prospèrent. Elle ne comprends pas comment ont peux érigé le mauvais goût au rang d’art. Toujours en ne permettant qu’à une élite de le consommer. Cette même élite qui porte des look inspiré des rues. La mode doit opérer un tournant, devenir plus accessible. Permettre aux gens qui l’inspirent de la porter. Me dis Isée. La relève s’apprête à mettre un coup de pied dans la fourmilière de la mode.

Inès Bahire

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