Les primo-votants, plongés dans l’incertitude de l’élection présidentielle

Parmi les lycéens du XIIIe, certains élèves de terminale sont en âge de voter à la prochaine présidentielle. Devant les lycées Claude Monet et Gabriel Fauré, ils partagent leurs doutes et leurs espérances quant à cette prochaine élection.

Il est bientôt midi. Des lycéens discutent en face des grilles du lycée Claude Monet, dans le XIIIe arrondissement. Entre rires aux éclats et fumées de cigarette, ils décompressent avec des sujets légers. Aucun d’entre eux n’est en mesure de s’exprimer sur son premier vote: « Moi j’ai dix-sept ans mais les Terminale sont en bac blanc et ils ne vont pas tarder à sortir » se justifie Anélia. Son ami qui se tient à côté d’elle affirme avoir dix-huit ans mais trop épuisé par le bac blanc pour « parler politique ».

Alors que des professeurs sortent du lycée, les premiers élèves de Terminale les succèdent et on peut lire la fatigue sur leur jeunes visages. Malgré cela, Michel, dix-huit ans et élève en Terminale ES décide de s’exprimer. L’hésitation et le manque d’enthousiasme que démontrent ses expressions faciales prouvent l’exaspération des jeunes face à la politique : « Je pense qu’il y a un ras le bol général » affirme-t-il. Lorsqu’il évoque les différents candidats, Michel n’est toujours pas convaincu :

« Je pense que ce sont tous les mêmes ». Issu d’une famille de gauche, il précise tout de même  « il n’y a plus de différence entre la gauche et la droite » avant de rajouter « ils sont tous dans des affaires judiciaires« .

Mélenchon, la seule voie alternative ?

La présidentielle de 2017 est particulière car certains candidats tentent de rallier à leur cause les abstentionnistes déçus de la politique en leur proposant une voie alternative. Emmanuel Macron en fait partie. Mais Michel n’est pas dupe : « Je ne lui fais pas confiance, il n’a rien démontré en tant que ministre de l’Economie ». Quand bien même les primo-votants prendraient leur distances avec la politique, ils ne se murent pas dans un silence pour autant. Michel a choisi son candidat et ce sera Jean-Luc Mélenchon: « je pense qu’il apporte des nouvelles idées et justifie chacun de ses propos ». Et naturellement comme tout lycéen, il aborde les plans keynésiens que propose son candidat.

J’ai la sensation profonde que ma génération a une certaine méfiance envers la politique

Un peu plus loin dans le XIIIe, Avenue de Choisy, un calme inquiétant flotte devant le lycée Gabriel Fauré. En pénétrant un peu plus dans ce dernier, la directrice de l’école explique que le lycée est en travaux et que les élèves ont cours dans des salles de classe préfabriquées. L’ambiance est froide et sombre comme ce ciel de mars et les couloirs blancs aux portes bleues sont tristes tels ceux d’un hôpital. L’horloge centrale affiche douze heures et vingt minutes. Le CPE (conseiller principal d’éducation) propose d’aller prévenir le professeur d’une classe de Terminale L où deux élèves seraient en mesure de parler de politique avec engouement « ils sont très intéressants ».

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France 3 Régions

A douze heures trente, les élèves sortent de leurs salles respectives. Antoine, le primo-votant communiste redoute de s’exprimer. Et bien que rongé par la timidité, son camarade Siegfried Choupinot, quant à lui, est enjoué par l’idée et débute alors son élocution :

« J’ai la sensation profonde que ma génération a une certaine méfiance envers la politique, ils ont grand mal à faire confiance aux candidats quelque soit le parti du candidat »

Siegfried, un personnage à lui tout seul, déclare non sans ironie être issu d’une famille de droite qui considère que « Fillon est un candidat sacré et que sa femme a toujours travaillé ». Concernant Emmanuel Macron, l’ovni de la présidentielle de 2017, Siegfried tient les mêmes propos que Michel et la majorité des jeunes de dix huit ans « son programme me pose problème, il se fait toujours assez inconsistant à un mois de la présidentielle ».

Dans leurs espérances, leurs certitudes et leurs doutes quant à cette élection, ils sont sûrs d’une seule chose, celle de ne pas vouloir voir la candidate du Front National passer au second tour.

Racky Diène

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