[Reportage] Une manifestation anti-police ?

Une marche se tenait à Paris dimanche 19 mars entre Nation et République avec pour mots d’ordre : plus de justice, à-bas la police. Prétexte pour de nombreuses personnes réunies sous leur propre étendard de prêcher… pour leur église.

Elles étaient entre 7000 et 7500 personnes selon la préfecture à s’être déplacées jusqu’à la place de la Nation dimanche à 14 h à l’appel du collectif « Urgence la police assassine » et de familles incriminant la police de la mort d’un de leurs proches. De nombreuses organisations de gauche ont répondu à l’appel et sont venues défiler pour manifester leur solidarité… avec souvent une pointe de récupération politique et militante.

Philippe Poutou, candidat à la présidentielle, venu répondre aux questions des journalistes sur place. Crédit photo Nicolas Gomont

CGT, Force Ouvrière, Zadistes, Lutte Ouvrière, mouvements de libération de la Palestine, partisans de la légalisation du cannabis, collectifs LGBT, lycéens en colère, mouvements de désincarcération des sans-papiers… Un méli-mélo d’organisations venues prêcher pour leur église et n’ayant sur le papier pas nécessairement leur place dans un cortège où résonnent les charges anti-police :

« Ils violent, ils tuent, ils ne les ont pas secouru… »

De nombreuses forces de l’ordre ont été dépêchées sur place pour sécuriser un rassemblement prêt à dégénérer. Crédit Photo Nicolas Gomont

Un rassemblement au ton violent

Condamnant la police toute entière dans un manichéisme propre à la vindicte sloganesque distillée au cours des manifestations, les organisateurs ont rapidement donné le ton du rassemblement. Il n’ont pas semblé d’ailleurs avoir boudé l’arrivée d’opportunistes et de casseurs, venus gonfler les rangs avec pour seul point commun, une forte aversion contre la police.

Destruction d’un panneau publicitaire par des casseurs infiltrés dans le cortège. Crédit photo Nicolas Gomont

Les récentes affaires Adama Traoré ou Théo ont certainement galvanisé les uns, atterrer les autres. Les quelques casseurs incrustés dans la foule avaient des intentions bien différentes et surtout motivées par l’opportunisme de l’instant. Face aux nombreuses forces de l’ordre dépêchées sur place, seuls quelques heurts, jets de pierres et destructions de mobiliers urbains sont à déplorer. Reste que l’image du rassemblement en a été entaché.

Nicolas Gomont

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