Afro Brunch : quand la jeunesse africaine impose ses codes

Depuis deux ans, de nombreux talents d’origine africaine s’imposent dans la création de start-up, et redorent au passage l’image de l’Afrique. Fort de l’attrait d’une nouvelle génération pour le continent, la réussite est au rendez-vous. Focus sur Geraldine Vovor, créatrice de Afro Brunch.

L’Afro Brunch est aujourd’hui devenu un rendez-vous dominical de choix. En ce dernier dimanche de mars, le Cameroun y est mis à l’honneur. Pourtant les Camerounais ne sont pas les seuls à se ruer à l’Appart Lounge.

Mélange de cultures, d’origines, cet événement est une véritable carte postale en faveur du multiculturalisme. Dans la foule, personnalités de la diaspora africaine se mélangent avec clients d’un jour. Ainsi, Yvonne Akono, youtubeuse de talent, raconte ses déboires amoureux avec humour à deux jeunes femmes, et l’écrivaine Cecile Ndebi dédicace son dernier livre avec joie. Dénominateur commun de ces rencontres, Geraldine Vovor, qui admire les résultats de son projet avec fierté.

Symbole d’une Afrique qui bouge, cette trentenaire incarne le renouveau du continent. A 31 ans, la jeune femme est à la tête de “Diaspora got talent”, une entreprise dont le but est de faire rayonner l’Afrique à travers la France d’abord, le monde ensuite. Forte de son passé de globetrotteuse, cette Ivoiro-togolaise a su mettre à la disposition de la start-up sa richesse culturelle. Son entreprise, est jeune, certes, mais prometteuse. Si cette trentenaire a pour ambition d’élargir “Diaspora got talent” à plusieurs domaines, son succès réside pour l’instant dans l’organisation des “Afrobrunchs”.

L’équipe de « Diaspora got talent » //  DR
Le concept repose sur le succès de la gastronomie africaine. Tous les mois, Geraldine met en place des déjeuners conviviaux centrés sur un pays africain. Bien plus que la proposition d’un repas à ses clients, elle fait de ces déjeuners de véritables événements en y incluant défilés de mode, musique et comédie. Bonne ambiance assurée.

Depuis son lancement dans la capitale française, l’Afro Brunch réunit des centaines de visiteurs, dont un pic à noter pour celui dédié à la Côte d’Ivoire. Au bout de trois éditions, le succès du projet semble incontestable. Bonne surprise pour un évènement dont le ticket d’entrée atteint le prix de 40 euros. Si Geraldine montre une certaine réticence à dévoiler son chiffre d’affaires, ses portraits dans les publications Forbes Afrique et afrik.com font d’elle le visage d’une jeunesse africaine en quête de réussite.

Piliers du monde de la start-up

Cette envie de se réapproprier les codes de sa propre culture est symptomatique d’une jeunesse africaine en pleine expansion. Depuis deux ans, une génération de trentenaires d’origine africaine s’impose en montant start-ups et jeunes entreprises à leur image. Inspiré par la réussite de Geraldine, Fati Niang, 34 ans, vient d’instaurer “Black spoon”, un food truck dédié à la cuisine africaine. En abandonnant un emploi stable et bien rémunéré, la trentenaire illustre un phénomène en pleine expansion. Le risque paye, aujourd’hui la jeune femme peut se vanter d’atteindre un chiffre d’affaires d’une centaine de milliers d’euros. Rien que ça. Dans un autre genre, Tonjé Bakang se rêve en fondateur du Netflix africain. L’objectif : la diffusion de films africains, afro-américain et afro-carribéens produit à travers le monde. Dragué par le géant TF1, il est aujourd’hui en partenariat étroit avec la chaîne.

Jeunes, diplômés, motivés, les entrepreneurs d’origine africaine imposent aujourd’hui leur rythme au monde du travail. Et cela ne semble être que le début.

Audrey Likound

*Image à la une : Affiche de l’édition camerounaise de l’Afrobrunch

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